La FFMC vient de rencontrer le cabinet du ministre des Transports et constate elle-mĂȘme que, sur le contrĂŽle technique moto, le ministĂšre persiste dans sa position.
AprĂšs les courriers, les manifestations et les rĂ©unions, une question doit dĂ©sormais ĂȘtre posĂ©e : La FFMC National doit Ă©galement remettre l'Ătat face Ă ses responsabilitĂ©s 
administratives et juridiques ?
La publication de la FĂ©dĂ©ration Française des Motards en ColĂšre relative Ă sa rencontre du 27 juillet avec le cabinet du ministre des Transports mĂ©rite Ă©videmment d'ĂȘtre saluĂ©e.
La FFMC y a porté plusieurs dossiers majeurs concernant les deux-roues motorisés : contrÎle technique, ZFE, ralentisseurs, infrastructures routiÚres et accÚs au bioéthanol E85.
Mais concernant plus particuliĂšrement le contrĂŽle technique des deux-roues motorisĂ©s, le constat exposĂ© par la FFMC elle-mĂȘme appelle dĂ©sormais une autre question :
jusqu'oĂč sommes-nous prĂȘts Ă aller pour obliger l'Ătat Ă rĂ©pondre prĂ©cisĂ©ment aux motards ?
Le ministÚre n'a manifestement pas changé de fusil d'épaule
AprÚs les différentes réponses et communications ministérielles "que j'ai déjà reçues personnellement" sur ce dossier, la position rapportée par la FFMC ne constitue malheureusement pas une surprise.
Le Gouvernement n'a manifestement pas changé de fusil d'épaule sur le CT moto. (ohh quelle suuppriiisssee !!!)
La FFMC indique d'ailleurs elle-mĂȘme que le ministĂšre « persiste » sur ce dossier.
La réponse obtenue était donc malheureusement assez prévisible.
Mais c'est précisément à partir de ce constat que nous devons maintenant aller plus loin.
Qu'avez-vous formellement exigé du ministÚre ?
Je souhaite donc poser publiquement une question Ă la FFMC Nationale :
qu'avez-vous formellement exigé du ministÚre ?
Je ne parle pas simplement de revendications exprimées oralement pendant une réunion, aussi légitimes soient-elles.
Je parle de demandes Ă©crites, prĂ©cises, enregistrĂ©es, auxquelles l'administration doit ĂȘtre amenĂ©e Ă rĂ©pondre.
- Avez-vous demandé officiellement l'ouverture des données brutes du contrÎle technique moto depuis avril 2024 ?
- Avez-vous demandé les méthodes permettant de produire les statistiques utilisées pour défendre le dispositif ?
- Avez-vous demandé les dictionnaires de données, nomenclatures, protocoles et traitements informatiques utilisés ?
- Avez-vous demandé une véritable évaluation scientifique indépendante et contradictoire du CT2RM ?
- Avez-vous demandĂ© un bilan documentĂ© des mesures alternatives annoncĂ©es ou mises en Ćuvre par l'Ătat ?
- Avez-vous exigé une réponse écrite et motivée concernant l'utilisation des mesures alternatives prévues par la directive européenne 2014/45/UE ?
Parce que c'est précisément une partie de ce que j'ai demandé formellement au ministre des Transports.
Douze demandes précises adressées au ministre
Dans mon propre courrier au ministre, j'ai formulé douze demandes précises, avec une demande de réponse point par point.
Ces démarches, ainsi que les documents correspondants, sont présentés ici :
CT moto : le Conseil d'Ătat saisi, et le ministre face Ă 12 demandes
Et surtout, je ne me suis pas arrĂȘtĂ© au courrier.
Le Conseil d'Ătat a de nouveau Ă©tĂ© saisi
Le 17 juillet 2026, j'ai de nouveau saisi le Conseil d'Ătat par TĂ©lĂ©recours citoyens.
La requĂȘte a Ă©tĂ© enregistrĂ©e sous le n° 517828.
Cette procédure porte notamment sur le refus du Gouvernement de réexaminer cette politique, mais également sur des questions fondamentales pour l'ensemble des motards :
- le réexamen du dispositif français de contrÎle technique moto ;
- la question des mesures alternatives ;
- l'absence d'évaluation suffisamment indépendante ;
- l'accÚs aux données utilisées pour justifier le dispositif ;
- la possibilité de vérifier objectivement son efficacité réelle.
Il ne s'agit plus seulement de dire que nous sommes en désaccord.
Il s'agit aussi de demander Ă l'Ătat de justifier ses dĂ©cisions, ses chiffres et ses mĂ©thodes.
La FFMC doit revenir elle aussi sur le terrain juridique !!!
Puisque la FFMC constate elle-mĂȘme que le ministĂšre campe sur ses positions, il faut donc Ă©galement revenir sur le terrain juridique !
Pourquoi ne pas Ă©tudier, si les conditions juridiques le permettent, une intervention dans la procĂ©dure actuellement pendante devant le Conseil d'Ătat ?
Ou, si cette voie n'est pas adaptée, engager parallÚlement une nouvelle action propre à la Fédération ?
La FFMC dispose d'une organisation nationale, d'un bilan financier porpice, de compétences juridiques, d'une longue expérience de ce dossier et d'une représentativité que je n'ai évidemment pas en tant que simple motard agissant individuellement.
Alors la FFMC Nationale doit user de cette force, pour soutenir les motards en colÚre en support des manifestations déjà actionnées !
AprĂšs cette rĂ©union, oĂč sont les documents officiels ?
Une autre question doit Ă©galement ĂȘtre posĂ©e.
AprÚs cette rencontre avec le cabinet du ministre, la FFMC a-t-elle obtenu les documents officiels et les données permettant réellement de contrÎler les affirmations du ministÚre ?
Parce que, de mon cÎté, c'est justement ce que je réclame.
Je demande que soient accessibles les données sources, les méthodes, les nomenclatures et les éléments nécessaires à une analyse indépendante.
Une politique publique qui impose une contrainte Ă plusieurs millions d'usagers doit pouvoir ĂȘtre Ă©valuĂ©e.
Ses rĂ©sultats doivent pouvoir ĂȘtre contrĂŽlĂ©s.
Ses donnĂ©es doivent pouvoir ĂȘtre confrontĂ©es Ă la rĂ©alitĂ©.
Et ses affirmations doivent pouvoir ĂȘtre discutĂ©es scientifiquement.
« Le contrÎle technique fonctionne » : encore faut-il pouvoir le vérifier
On ne peut pas accepter Ă©ternellement que l'Ătat nous explique, en substance :
« Le contrÎle technique fonctionne, faites-nous confiance. »
tout en ne donnant pas aux citoyens, aux associations, aux chercheurs et aux représentants des usagers les moyens suffisants pour vérifier cette affirmation.
Demander l'accÚs aux données ne constitue pas une opposition idéologique.
C'est au contraire une demande élémentaire de transparence :
montrez-nous les données,
montrez-nous les méthodes,
et permettez-nous de vérifier.
Afin que l'on puisse aussi juridiquement contester !
Je veux une FFMC forte, qui n'a pas peur de son ombre
Je veux Ă©galement ĂȘtre trĂšs clair sur un point.
Mon objectif n'est pas de faire concurrence à la FFMC, ni de dévaloriser les combats qu'elle mÚne depuis des années.
Bien au contraire.
Je crois à une FFMC forte, combative, indépendante et juridiquement offensive.
Une FFMC capable de maintenir l'Ătat sous pression.
Une FFMC faite par les motards et pour les motards.
Nous avons besoin des manifestations.
Nous avons besoin du travail politique.
Nous avons besoin des rencontres avec les ministĂšres.
Nous avons besoin du travail des antennes locales.
Mais lorsque l'administration rĂ©pond encore et encore par la mĂȘme ligne politique, nous devons Ă©galement utiliser :
- les demandes administratives écrites ;
- les demandes de communication de documents ;
- les parlementaires ;
- les recours administratifs ;
- les juridictions ;
- et, lorsque cela est nĂ©cessaire, le Conseil d'Ătat.
Il faut utiliser tous les outils légaux dont disposent les citoyens et les associations.
Mes documents sont lĂ pour ĂȘtre utilisĂ©s
C'est aussi pour cette raison que je publie mes démarches.
Mon courrier au ministre, mes demandes et mon travail contentieux ne doivent pas seulement rester dans un dossier personnel.
Ils doivent pouvoir ĂȘtre lus, critiquĂ©s, confrontĂ©s, amĂ©liorĂ©s lorsque cela est possible et surtout servir Ă la dĂ©fense des motards.
Une action individuelle devient réellement utile lorsqu'elle permet aussi à d'autres de s'en saisir.
Consulter le dossier, les demandes au ministre et la saisine du Conseil d'Ătat
« On ne lùchera pas » : alors ne lùchons rien
La FFMC conclut son retour du ministĂšre par un message que je partage :
« On ne lùchera pas. »
TrĂšs bien.
Alors ne lĂąchons rien ensemble.
Mais au-delĂ des rĂ©unions et des constats que nous partageons dĂ©jĂ depuis des annĂ©es, il faut maintenant continuer Ă placer l'Ătat face Ă des demandes prĂ©cises auxquelles il devra politiquement, administrativement et juridiquement rĂ©pondre.
Il ne s'agit pas de défendre une organisation contre une autre.
Il ne s'agit pas de défendre une chapelle.
Il ne s'agit mĂȘme pas de savoir qui aura eu raison le premier.
Il s'agit de défendre les motards.
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Poustiquet
Motard libre & engagé